Savoir-vivre
Foires aux vins :
Certes l'amateur préfèrera faire son choix dans le vignoble après avoir pris des rendez-vous successifs dans les domaines pour y rencontrer l'homme l'art - propriétaire ou vinificateur- y voir les chais, y goûter les vins, plutôt que se précipiter tel un coureur non préparé pour un marathon - foire d'empoigne dans les grands et moyennes surfaces. Dans le premier cas, les souvenirs qui reviendront à l'esprit en ouvrant les bouteilles achetées évoqueront le charme d'un paysage, la joie d'une rencontre, l'émotion d'un parfum, dans le deuxième on se souviendra des vins présents au catalogue mais déja épuisés, de l'absence de chaleur en hyper ou de la roue du caddy qui grinçait. Bref la présence des vins en grande surface les font tomber au niveau banal de produit de consommation: Ils y perdent leur âme. Mais pour le citadin ces évèments peuvent servir de prétexte pour reconstituer un stock qui aurait curieusement fondu durant le printemps et l'été, dès la rentrée. Notre propos n'est pas ici de faire une analyse parfaitement réussie par nos confrères (voir ci-dessous) mais de donner quelques pistes pour les Parisiens.
Pour le reste, ne manquez pas de vous reporter aux derniers numéros de Cuisine et Vins de France "spécial vins", de la Revue du Vin de France, et du spécial vins du Point qui vous renseigneront avec précision grâce aux dégustateurs et dégustatrices de ces magazines qui n'ont pas l'habitude de pratiquer la ... langue de bois.
- Le chiffre du mois : 30.000, Ce chiffre est cité par Yann Keffelec, dans son dernier roman "la dégustation", et je me disais que si les romanciers utilisent de tels titres les écrivains du vin, on lit parfois écrivins, ces derniers devront chercher des titres comme ceux des romanciers, et à part le rouge et le blanc, ils ne s'entrouveront pas des centaines. Ce nombre correspond au nombre de litre de vin à 12 °, d'après l'auteur, que le foie peut filtrer, avant la cirrhose. C'est dire quà partir de 29.500, il faut diminuer les doses. Je ne sais pas si le chiffre est exact, et ceux du corps médical qui pourront me répondre sont sollicités vivement.
Evidemment, ces chiffres ne concernent en rien le vrai dégustateur, celui qui recrache. C'est d'ailleurs curieux, on avale par hecto le GRQT, (Gros rouge qui tache) et le haut-brion est recraché quand les professionnels se penche sur lui...
- Les vins soldés :
ne vous laissez pas pas abuser, la grande semaine du blanc concerne plus le linge de maison que le chablis. De nombreuses caves vous proposent des promotions importantes, analysez bien les offres, car souvent elles correspondront à des caisses n'ayant eu aucun succès au moment de leur mise sur le marché. En revanche les propositions vous offrant un franco de port vous donneront la possibilité de tester un opérateur, sans grand risque.
Voici quelques erreurs qui ne pardonnent pas, car elles vous empêcheraient de goûter, et des migraines inconfortables pourraient leur être imputées.
- évitez les apéritifs longs avec des boissons fortes et des biscuits (toujours trop salés), préférez le chablis au porto et le champagne au Whisky.
- Si vous tenez à servir un liquoreux sur le foie gras, servez-les en fin de repas, et pas avant les rouges.
- Ne multipliez pas le nombre de vins si la table dépasse 8 ou 10 couverts, vous fatigueriez ceux qui s'exercent moins souvent que vous.
- En matière de rouge, si vous souhaitiez, en servir plusieurs sur le même repas, choisissez-les de la même région.
- Ne servez pas un grand rouge de 10 ans après un Corton Charlemagne ou un autre très grand blanc.
- Le plateau de fromage est un véritable piège qui risque de destabiliser vos meilleures bouteilles; pourquoi alors ne pas choisir un fromage de fête unique comme le vacherin plutôt que tout un plateau de fromages, incompatibles entre eux. Ou bien composez de petits plateaux constitués de spécialités de la même famille, votre fromager pourra vous aider. Rien n'est plus facile d'assassiner un grand rouge de dix ans, un camembert, un brie, un bleu, un munster, alors restez prudent.
- Ne servez pas de champagne brut, en fin de repas sur le sucré,
un maury fera mieux l'affaire.
A l'approche de Noël, les amateurs ou leur entourage aimeront offrir (ou se faire offrir)
des cadeaux ayant un rapport avec le vin. Méfiez-vous, certains ne sont pas bénéfiques. évitez les carafes tarabiscotées, les accessoires destinés à oxygéner le vin, les bidules pour le faire vieillir artificiellement, les verres immenses, et impossibles à entrer dans un lave-vaisselle sans les casser...
Non le mauvais goût n'est pas compatible avec la dégustation.
Offrez plutôt : de bonnes bouteilles (par multiple de 3, du même) ou des magnum, ou des très bons champagnes, Krug, Bollinger, Roederer, Deutz... Achetez-les chez des cavistes ou à la propriété.
Offrez des livres sur le vin (pas forcément ceux qui ont le plus de photos sur papier frappé, je voulais écrire glacé) : chez Dunod, Hachette ou Bartillat vous trouverez de très bons titres utiles.
Retenez une excellente table, réputée pour sa carte des vins.
Pensez aux vrais verres INAO, éventuellement aux verres noirs très pédagogiques. J'oubliais vous pourrez offrir des séances de dégustation de cinq vins différents, des cours d'œnologie (certaines sont même à l'unité et suivies d'un plateau de fromages de qualité.
Evitez toujours la frime, car elle en dirait trop long sur vous.
Comment éviter les courbatures du lendemain après une dégustation Marathon ?